Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue ?
Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis ?
N’est-il donc rien d’humain au fond d’une revue ?
Et toute charité vous est-elle inconnue,
Vous qui disiez jadis être de mes amis,
De demander des vers que je vous ai promis ?
Vous ne savez donc pas dans quelle conjoncture
Phébus vient, sous vos traits, me pousser un cartel ?
O Dieu, sans mon respect pour la législature,
Si le gouvernement et la littérature
Reconnaissaient encor quelqu’un dans ce vieux ciel,
J’invoquerais un Dieu si je savais lequel !
Rimer, ô mon ami ! vous voulez que je rime !
Vous, à votre âge, un homme à qui j’ai cru la main,
Sinon pleine d’écus, pure de sang humain !
Vous qu’on voit en public feindre l’horreur du crime,
Vous que Brindeau conseille et Sainte-Beuve estime
M’enjoindre de rimer du jour au lendemain !