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1857

Stances à Buloz

Alfred de Musset

Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue ? Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis ? N’est-il donc rien d’humain au fond d’une revue ? Et toute charité vous est-elle inconnue,

Vous qui disiez jadis être de mes amis, De demander des vers que je vous ai promis ? Vous ne savez donc pas dans quelle conjoncture Phébus vient, sous vos traits, me pousser un cartel ?

O Dieu, sans mon respect pour la législature, Si le gouvernement et la littérature Reconnaissaient encor quelqu’un dans ce vieux ciel, J’invoquerais un Dieu si je savais lequel !

Rimer, ô mon ami ! vous voulez que je rime ! Vous, à votre âge, un homme à qui j’ai cru la main, Sinon pleine d’écus, pure de sang humain ! Vous qu’on voit en public feindre l’horreur du crime,

Vous que Brindeau conseille et Sainte-Beuve estime M’enjoindre de rimer du jour au lendemain !

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