Skip to content
1835

Sonnet

Alfred de Musset

Que j'aime le premier frisson d'hiver ! le chaume, Sous le pied du chasseur, refusant de ployer ! Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume, Au fond du vieux château s'éveille le foyer ;

C'est le temps de la ville. — Oh ! lorsque l'an dernier, J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme, Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume (J'entends encore au vent les postillons crier),

Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine Sous ses mille falots assise en souveraine ! J'allais revoir l'hiver. — Et toi, ma vie, et toi ! Oh ! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme ;

Je saluais tes murs. — Car, qui m'eût dit, madame, Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Sonnet · Alfred de Musset · Poetry Cove