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1852

RONDEAU

Alfred de Musset

Fut-il jamais douceur de cœur pareille A voir Manon dans mes bras sommeiller ? Son front coquet parfume l'oreiller ; Dans son beau sein j'entends son cœur qui veille.

Un songe passe, et s'en vient l'égayer. Ainsi s'endort une fleur d'églantier, Dans son calice enfermant une abeille. Moi, je la berce ; un plus charmant métier

Fut-il jamais ? Mais le jour vient, et l'Aurore vermeille Effeuille au vent son bouquet printanier. Le peigne en main et la perle à l'oreille,

A son miroir Manon court m'oublier. Hélas ! l'amour sans lendemain ni veille Fut-il jamais ?

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RONDEAU · Alfred de Musset · Poetry Cove