Skip to content
1852

PAR UN MAUVAIS TEMPS

Alfred de Musset

Elle a mis, depuis que je l'aime (Bien longtemps, peut-être toujours), Bien des robes, jamais la même ; Palmire a dû compter les jours.

Mais quand vous êtes revenue, Votre bras léger sur le mien, Il faisait, dans cette, avenue, Un froid de loup, un temps de chien.

Vous m'aimiez un peu, mon bel ange, Et tandis que vous bavardiez, Dans cette pluie et celle fange Se mouillaient vos chers petits pieds.

Songeait-elle, la jambe fine, Quand lu parlais de nos amours, Qu'elle allait porter sous l'hermine Le salin, l'or et le velours ?

Si jamais mon cœur désavoue Ce qu'il sentit en ce moment, Puisse à mon front sauter la boue Où tu marchais si bravement !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
PAR UN MAUVAIS TEMPS · Alfred de Musset · Poetry Cove