Skip to content
1857

Jeanne d’Arc

Alfred de Musset

Je cherche en vain le repos qui me fuit. Mon cœur et plein des douleurs de la France. Jusqu’en ces lieux déserts, Dans l’ombre et le silence De la patrie en deuil le malheur me poursuit !

Sombre forêt, retraite solitaire, Muets témoins de mes secrets ennuis, A mes regards, de mon pauvre pays Cachez du moins la honte et la misère.

Triste rameaux, si nous sommes vaincus, Cachez le toit de mon vieux père ; Peut-être, hélas ! je ne le verrai plus ! Tout repose dans la vallée.

Le rossignol chante sous la feuillée La mélancolie et l’amour. Déjà l’aurore éveille la nature ; Déjà brille sous la verdure

La douce clarté d’un beau jour. Quel est ce bruit dans la campagne ? Le clairon sonne au pied de nos remparts ! De l’étranger je vois les étendards

Flotter au loin sur la montagne ! Nous avez-vous abandonnés, Anges gardiens de la patrie ? Plaignez-nous si Dieu nous oublie ;

S’il se souvient de nous, venez ! J’ai cru sentir trembler la terre. J’ai cru que le ciel répondait, Et dans un rayon de lumière,

Du fond des bois une voix m’appelait. Ce n’est pas une voix humaine : Il m’a semblé qu’elle venait des cieux. Mère du Christ, est-ce la tienne ?

As-tu pitié des pleurs qui coulent de mes yeux ? Oui, l’Esprit-Saint m’éclaire ! Je sens d’un Dieu vengeur La force et la colère

Descendre dans mon cœur. — En guerre !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Jeanne d’Arc · Alfred de Musset · Poetry Cove