M'aime-t-elle ? Voilà la pensée où je vis ! Partout et constamment j'en ai l'âme obsédée ; Quand je marche rêvant, cette invincible idée Me devance, et, le front incliné, je la suis.
La nuit, lorsque tout dort, je cherche, et je repasse Toutes mes actions ; je répète à voix basse Les mots qu'elle m'a dits… Hier, je lui portai Un livre que longtemps elle avait souhaité !…
C'est tout : en le prenant : "Et pourquoi, me dit-elle, Cette feuille marquée ?" — Or W[illa] c'était celle Où la vierge reçoit son ami dans ses bras. Je ne répondis rien. "Mais, dit-elle, de grâce
Est-ce pour qu'on la lise ou bien pour qu'on la passe ?" Tout en parlant, je vis qu'elle lisait tout bas, Longtemps elle parut (je guettais comme on pense) Poursuivre sa lecture avec indifférence.
Tout à coup, je ne sais quelle peur la gagna ; "Oh ! qu'avez-vous ? lui dis-je." Elle se détourna, La rougeur la couvrait ; elle voulut poursuivre ;La rougeur la couvrait ; elle voulut poursuivre ; Le livre dans ta main tremblait comme ton cœur,Le livre dans ta main tremblait comme ton cœur,
Jeune fille ! Ha ! pourquoi, pourquoi comme ce livreJeune fille ! Ha ! pourquoi, pourquoi comme ce livre Ne puis-je à mon souhait l'ouvrir et le fermer ? Songes-y, c'est mon nom, Willa, que j'y veux lire, Et, si je ne l'y trouve, il faudra bien l'écrire…
Va, si tu n'aimes pas, tu n'es pas loin d'aimer !
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