Skip to content
1857

III

Alfred de Musset

Puisque votre moulin tourne avec tous les vents, Allez, braves humains, où le vent vous entraîne ; Jouez, en bons bouffons, la comédie humaine ; Je vous ai trop connus pour être de vos gens.

Ne croyez pourtant pas qu’en quittant votre scène, Je garde contre vous ni colère ni haine, Vous qui m’avez fait vieux peut-être avant le temps ; Peu d’entre vous sont bons, moins encor sont méchants.

Et nous, vivons à l’ombre, ô ma belle maîtresse Faisons-nous des amours qui n’aient pas de vieillesse ; Que l’on dise de nous, quand nous mourrons tous deux : Ils n’ont jamais connu la crainte ni l’envie ;

Voilà le sentier vert où, durant cette vie, En se parlant tout bas, ils souriaient entre eux.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
III · Alfred de Musset · Poetry Cove