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1857

II

Alfred de Musset

L'ouragan nuit et jour, sur une eau désolée, Bat cette âpre forêt, qui pend échevelée. De loin elle ressemble à ces grands éperviers Qu'on voit se balancer au vent sur les graviers.

Jamais en aucun temps, jamais bois plus funèbres N'ont sur une eau plus morte épaissi leurs ténèbres. Rien ne bouge à l'entour, si ce n'est par instant Des hérons voyageurs qui pêchent dans l'étang,

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