Le temps ne nous corrige pas Nous autres, personnes sensibles, En vain les muses inflexibles Voilent à nos yeux leurs appas ;
Tous nous attachons à leurs pas Ainsi que des enfants terribles ; Les fautes ne servent de rien. Pour en éviter de nouvelles,
Nous rimons mal, nous péchons bien. A défaut d’amour et de belles Les vers tourmentent nos cervelles Toujours — et nous nous obstinons,
Comme en leur foi les hérétiques. Mil huit cent vingt ! nous éclosions Dans les Mélanges poétiques, Livre plein de prétentions
Aux enivrements érotiques. Puis dix ans nous nous reposions Au sein des dames romantiques, Venaient après ? — je ne sais plus,
Sinon que c’était du plus tendre,Sinon que c’était du plus tendre, Du cœur brisé, des sens émus, Et beaucoup de vœux superflus. Dix nouveaux ans encor de fièvre !
Arthur paraît, le malheureux, Déplorablement vertueux, Triste réveil d’un charmant rêve ! Est-ce la fin ? Hélas ! hélas !
Voilà que viennent des Lilas ! C’est l’amitié qui les fait naître, Le temps d’éclore et de paraître, De parfumer une fenêtre,
Et tout est dit de cette fois ! C’en est bien fait, amis, mes maîtres ; Dans ces lieux où je vous reçois Vous ne trouverez plus de traîtres.
Oh ! ces vers ! sont-ils négligés, Mal équipés, mal arrangés, Avec des trous à leur chemise ! Et se présenter, ainsi faits,
A leurs seigneurs, que de sottise ! Pauvres amis, pardonnez-leur ; Ils connaissent bien leur faiblesse. Ils vous diront : excusez leur vieillesse,
La grande faute de l’auteur.
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