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1852

ADIEU

Alfred de Musset

Adieu ! je crois qu'en celte vie Je ne te reverrai jamais. Dieu passe, il t'appelle et m'oublie ; En te perdant, je sens que je t'aimais.

Pas de pleurs, pas de plainte vaine. Je sais respecter l'avenir. Vienne la voile qui t'emmène, En souriant je la verrai partir.

Tu t'en vas pleine d'espérance, Avec orgueil tu reviendras ; Mais ceux qui vont souffrir de ton absence, Tu ne les reconnaîtras pas.

Adieu ! tu vas faire un beau rêve Et ('enivrer d'un plaisir dangereux ; Sur ton chemin l'étoile qui se lève Longtemps encore éblouira tes yeux.

Un jour tu sentiras peut-être Lé prix d'un cœur qui nous comprend, Le bien qu'on trouve à le connaître. Et ce qu'on souffre en le perdant.

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