Je voudrais être la duègne
Qui te peigne,
Quand, le matin, tes cheveux
Baignent ton épaule blanche
Et ta hanche,
Ondoyant en reflets bleus.
Que ne suis-je la mantille
D’où scintille
L’étoile de ton œil noir ;
Et, s’embaumant à la fièvre
De ta lèvre,
Ton bouquet jeté le soir !
Et la colombe au bec rose,
Qui, folle, ose
Frôler ton col élégant ;
Et l’éventail de la Chine
Qui s’incline
Sous ta main blanche sans gant !
Et la bottine jalouse,
D’Andalouse,
Enfermant ton pied mutin ;
Et le lin parfumé d’ambre
Où se cambre
Ton souple corps de satin ;
Puis à ton sein le doux rêve
Qui soulève
La croix de ton chapelet,
Enfin, de ta jarretière,
Femme altière,
Le riche et léger stylet !