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1857

A une Espagnole

Alfred de Musset

Je voudrais être la duègne Qui te peigne, Quand, le matin, tes cheveux Baignent ton épaule blanche

Et ta hanche, Ondoyant en reflets bleus. Que ne suis-je la mantille D’où scintille

L’étoile de ton œil noir ; Et, s’embaumant à la fièvre De ta lèvre, Ton bouquet jeté le soir !

Et la colombe au bec rose, Qui, folle, ose Frôler ton col élégant ; Et l’éventail de la Chine

Qui s’incline Sous ta main blanche sans gant ! Et la bottine jalouse, D’Andalouse,

Enfermant ton pied mutin ; Et le lin parfumé d’ambre Où se cambre Ton souple corps de satin ;

Puis à ton sein le doux rêve Qui soulève La croix de ton chapelet, Enfin, de ta jarretière,

Femme altière, Le riche et léger stylet !

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