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1835

À Pépa

Alfred de Musset

Pépa, quand la nuit est venue, Que ta mère t'a dit adieu ; Que sous ta lampe, à demi nue, Tu t'inclines pour prier Dieu ;

A cette heure où l'âme inquiète Se livre au conseil de la nuit ; Au moment d'ôter ta cornette Et de regarder sous ton lit ;

Quand le sommeil sur ta famille Autour de toi s'est répandu ; Ô Pépita, charmante fille, Mon amour, à quoi penses-tu ?

Qui sait ? Peut-être à l'héroïne De quelque infortuné roman ; A tout ce que l'espoir devine Et la réalité dément ;

Peut-être à ces grandes montagnes Qui n'accouchent que de souris ; A des amoureux en Espagne, A des bonbons, à des maris ;

Peut-être aux tendres confidences D'un cœur naïf comme le tien ; A ta robe, aux airs que tu danses ; Peut-être à moi, — peut-être à rien.

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