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1857

A ma Mère

Alfred de Musset

Après un si joyeux festin, Zélés sectateurs de Grégoire, Mes amis, si, le verre en main Nous voulons chanter, rire et boire,

Pourquoi s’adresser à Bacchus ? Dans une journée aussi belle Mes amis, chantons en « chorus » A la tendresse maternelle.

Un don pour nous si précieux, Ce doux protecteur de l’enfance, Ah ! c’est une faveur des cieux Que Dieu donna dans sa clémence.

D’un bien pour l’homme si charmant Nous avons ici le modèle ; Qui ne serait reconnaissant A la tendresse maternelle ?

Arrive-t-il quelque bonheur ? Vire, à sa mère on le raconte ; C’est dans son sein consolateur Qu’on cache ses pleurs ou sa honte.

A-t-on quelques faibles succès, On ne triomphe que pour elle Et que pour répondre aux bienfaits De la tendresse maternelle. !

Ô toi, dont les soins prévoyants, Dans les sentiers de cette vie Dirigent mes pas nonchalants, Ma mère, à toi je me confie.

Des écueils d’un monde trompeur Écarte ma faible nacelle. Je veux devoir tout mon bonheur A la tendresse maternelle.

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