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1852

A M. V. H

Alfred de Musset

Il faut dans ce bas monde aimer beaucoup de choses. Pour savoir, après tout, ce qu'on aime le mieux : Les bonbons, l'Océan, le jeu, l'azur des cieux, Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ; Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d'adieux. Puis le cœur s'aperçoit qu'il est devenu vieux, Et l'effet qui s'en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l'on goûte à demi, Le meilleur qui nous reste est un ancien ami. On se brouille, on se fuit. — Qu'un hasard nous rassemble, On s'approche, on sourit, la main touche la main,

Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble, Que l'âme est immortelle, et qu'hier c'est demain.

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