Skip to content
1861

RENOVARE

Henri MURGER

Avez-vous oublié, Louise, Le coin fleuri du vieux jardin Où, certain soir, ma main s'est mise Pleine d'émoi dans votre main ?

Nos lèvres cherchaient nos paroles, Nos genoux touchaient nos genoux ; Nous étions assis sous les saules… Dites, vous en souvenez-vous ?

Avez-vous oublié, Marie, L'échange de nos deux anneaux, Les soleils d'or dans la prairie, Le bois plein d'ombre et plein d'oiseaux,

La fontaine au bassin sonore, Où nous avions nos rendez-vous ? De ces lieux, et d'autres encore, Dites, vous en souvenez-vous ?

Avez-vous oublié, Christine, Le boudoir rose et parfumé, L'humble chambre du ciel voisine, Les jours d'avril, les nuits de mai ?

Ces claires nuits où les étoiles Semblaient vous dire : ainsi que nous, Belle, laissez tomber vos voiles… Dites, vous en souvenez-vous ?

Louise est morte, hélas ! Marie À la débauche tend la main ; La pâle Christine est partie Refleurir au soleil romain.

Louise, Marie et Christine Pour moi sont mortes toutes trois ; Notre amour n'est qu'une ruine, Et seul j'y pense quelquefois.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
RENOVARE · Henri MURGER · Poetry Cove