Traînant, traînant ta chétive existence,
Dans les sentiers tu t'arrêtes souvent,
Regardant fuir l'ombre de l'espérance,
Spectre railleur qui va toujours devant ;
Voyant partout le vice ou la sottise,
L'hypocrisie au maintien indigné,
Sûr du destin que je te prophétise,
Marche ! Ton but n'est pas bien éloigné.
Quand du malheur tu sauras le martyre,
Lorsque ton cœur sera triste, ulcéré,
Ne pleure pas, tes larmes feraient rire :
Il est des gens qui n'ont jamais pleuré,
À ces heureux, loin de porter envie,
Jette en passant un regard de pitié,
Car, sans les pleurs, que sait-on de la vie ?
C'est un roman qu'on n'a lu qu'à moitié.