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1861

LA MENTEUSE

Henri MURGER

— Où courez-vous, ma belle enfant, Seule, à cette heure, dans la plaine, Pied leste et le cœur palpitant, Si loin, si tard, qui vous entraîne ?

Où courez-vous, ma belle enfant ? — Oh ! Laissez-moi, ma mère pleure, Car mon petit frère est perdu ; Nous l'appelons depuis une heure,

Et l'écho seul a répondu. Oh ! Laissez-moi, ma mère pleure ! — Pour chercher l'enfant égaré Est-il besoin d'avoir, mignonne,

Fleur au corset, bijou doré, Fin soulier, dentelle et couronne, Pour chercher l'enfant égaré ? — Ma grande sœur est mariée,

Je vais la rejoindre au festin, Et du bal, où je suis priée, J'entends d'ici le tambourin. Ma grande sœur est mariée !

— De son frais bouquet nuptial Depuis huit jours ta sœur aînée A paré son sein virginal, Et déjà la fleur est fanée

De son frais bouquet nuptial. — Je vais là-bas, sous les vieux chênes, Là-bas, rejoindre mon amant. Il m'épouse aux feuilles prochaines.

Ne le dites pas à maman ; Je vais là-bas, sous les vieux chênes.

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