J'arrête ici ces triolets Où se complut ma fantaisie. Je ferme, je mets les volets ; J'arrête ici ces triolets.
Viens-t'en, ma Muse, laissons-les Pour plus sérieuse ambroisie. J'arrête ici ces triolets Où se complut ma fantaisie.
Je pourrais égrener encor Ces ariettes de guitare Qui veulent un léger décor. Je pourrais égrener encor
Et sertir dans la rime d'or Le mot propre, pur et sans tare, Je pourrais égrener encor Ces ariettes de guitare.
Ai-je trouvé de jolis airs Sur ce rythme frêle et fragile ? C'est si souple et simple les vers ! Ai-je trouvé de jolis airs ?
Musette au bonnet de travers. Eus-tu la langue assez agile ? Ai-je trouvé de jolis airs Sur ce rythme frêle et fragile ?
Tu dis seulement quelques mots D'adoration pour la femme, D'indifférence pour les sots ; Tu dis seulement quelques mots ;
Menus rires, menus propos, Parfois à peine une épigramme. Tu dis seulement quelques mots D'adoration pour la femme.
J'ai cueilli pour toi des muguets Pour te faire claire et jolie, En y mêlant quelques bluets, J'ai cueilli pour toi des muguets :
Auprès de la ronce aux aguets, C'était peut-être une folie. J'ai cueilli pour toi des muguets Pour te faire claire et jolie.
Elle ne t'épargnera pas. Qu'y faire, ma pauvre petite, Qui t'en allais à petits pas ? Elle ne t'épargnera pas.
Dieu sait ce qu'elle dit tout bas Des fleurettes de clématite ! Elle ne t'épargnera pas. Qu'y faire, ma pauvre petite ?
Les derniers triolets sont lus De ce petit livre frivole Aux babillages superflus, Les derniers triolets sont lus.
C'est fini, nous ne dirons plus : Hanneton, vole, vole, vole. Les derniers triolets sont lus De ce petit livre frivole.
Nous étions pourtant bien ainsi, Jouant ce jeu qui nous amuse. Musette mignonne, merci ! Nous étions pourtant bien ainsi.
Il faut reprendre le souci De redevenir une muse. Nous étions pourtant bien ainsi, Jouant ce jeu qui nous amuse.
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