Les déesses au front si beau Se coiffaient de leurs chevelures Et ne portaient pas de chapeau, Les déesses au front si beau.
Elles n'avaient rien sur la peau, Et se moquaient des engelures. Les déesses au front si beau Se coiffaient de leurs chevelures.
Hélas ! dans notre âge inclément La tête seule reste nue. C'est encore un reste charmant, Hélas ! dans notre âge inclément.
Ne croyez pas naïvement Que ce soit parure ingénue. Hélas ! dans notre âge inclément La tête seule reste nue.
C'est bien plus joli qu'un bouquet Tous ces cheveux d'or et de soie. C'est plus riche, c'est plus coquet, C'est bien plus joli qu'un bouquet.
C'est touffu, c'est comme un bosquet De printemps, d'amour et de joie. C'est bien plus joli qu'un bouquet Tous ces cheveux d'or et de soie.
A l'heure propice on peut voir Toutes ces petites cousettes, Plutôt à midi que le soir. A l'heure propice on peut voir
Ces chercheuses de gai sçavoir Et de faciles amusettes. A l'heure propice on peut voir Toutes ces petites cousettes.
Les cheveux noirs, châtains ou blonds Frisent gentiment sur les nuques. On voit si bien qu'ils sont si longs, Les cheveux noirs, châtains ou blonds !
Sans les rêver jusqu'aux talons, O mon âme, tu les reluques Les cheveux noirs, châtains ou blonds Frisent gentiment sur les nuques,
Je réclame un prix de beauté Pour les si blanches qui sont rousses. Le soleil n'est rien à côté. Je réclame un prix de beauté.
Quel songe d'une nuit d'été Quand ces mignonnes nous sont douces ! Je réclame un prix de beauté Pour les si blanches qui sont rousses.
Cela semble d'abord pareil, Mais regardez les différences : Ce jais, ces épis, ce vermeil, Cela semble d'abord pareil.
Mais chacune a, dès le réveil, Sa manière, ses préférences. Cela semble d'abord pareil, Mais regardez les différences.
Je ne vais pas dire comment Elles se coiffent, ces petites : C'est trop difficile, vraiment. Je ne vais pas dire comment.
La rose se coiffe autrement Que les bluets, les clématites. Je ne vais pas dire comment Elles se coiffent, ces petites.
Si les yeux sont ceci, cela, Le teint de nacre, la peau rose, Elles s'arrangent, et voilà ! Si les yeux sont ceci, cela.
Un instinct sûr leur révéla Comment on fait valoir la chose ; Si les yeux sont ceci, cela, Le teint de nacre, la peau rose.
Chacune sait faire valoir Ces fils délicats qui nous prennent En le voulant, sans le vouloir. Chacune sait faire valoir.
Bientôt, hélas ! il va falloir Que d'autres que moi les comprennent. Chacune sait faire valoir Ces fils délicats qui vous prennent.
Trottez, fillettes en cheveux. Vous êtes les Parisiennes Vers qui s'en vont encor mes vœux. Trottez, fillettes en cheveux,
Le pied plus fin et plus nerveux ! Que les déesses anciennes. Trottez, fillettes en cheveux : Vous êtes les Parisiennes.
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