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1872

LES SARDINIÈRES

Albert MÉRAT

Quand le travail s’arrête et quand finit le jour, L’obscur logis s’éclaire et la vitre étincelle. Vers l’âtre où le souci des mères les appelle Elles pressent le pas et hâtent le retour.

Le court fichu de laine alourdit le contour Du sein, et l’on voit mal laquelle est la plus belle ; Mais l’égale blancheur des coiffes sans dentelle Leur donne un air claustral irritant pour l’amour.

Leurs yeux clairs comme l’eau des vagues vous regardent. Les petites à vous sourire se hasardent Et courent en mordant de gros morceaux de pain : Et, se tenant la main comme un cortège antique,

Les grandes font, au choc d’un pas lourd et rustique, Claquer sur le pavé leurs sabots de sapin.

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