Sans être peintre ni sculpteur, Sinon peut-être en poésie, J'ai pu rester à la hauteur, Sans être peintre ni sculpteur ;
En aimant en admirateur Cette race fine et choisie. Sans être peintre ni sculpteur, Sinon peut-être en poésie.
Mon Dieu ! l'Italie a du bon Et même des yeux adorables : Le diamant est du charbon. Mon Dieu ! l'Italie a du bon.
Mais nos yeux de France, peut-on Ne pas les trouver préférables ! Mon Dieu ! l'Italie a du bon Et même des yeux adorables.
Si c'était Venise aux yeux d'or, Mais c'est la campagne de Rome Qui les envoie, ou pis encor. Si c'était Venise aux yeux d'or !
Donc laissons-les dans leur décor, Seul Paris mérite la pomme. Si c'était Venise aux yeux d'or, Mais c'est la campagne de Rome.
Or c'est à Montmartre qu'on fait Sans même y songer, ces frimousses Qui sont exquises en effet. C'est à Montmartre qu'on les fait.
Je ne connais pas de buffet Où friandises soient plus douces. Or, c'est à Montmartre qu'on fait Sans même y songer, ces frimousses.
Montparnasse lui-même peut En faire de délicieuses Qui savent marcher quand il pleut. Montparnasse même le peut.
J'ai fait ce que modèle veut, Tant elles sont malicieuses. Montparnasse lui-même peut En faire de délicieuses.
Dans des bottines sans quartiers, J'ai connu des pieds de duchesses A seize quartiers tout entiers Dans des bottines sans quartiers,
Et qui faisaient de ces métiers, Ces pauvres filles, ces déesses ! Dans des bottines sans quartiers J'ai connu des pieds de duchesses ;
Des mains qui firent de mon cœur, Ce qu'elles voulurent, merveilles Que garde le marbre vainqueur ! Des mains qui prirent tout mon cœur,
Où chantaient comme dans un chœur Des perfections sans pareilles ! Des mains qui firent de mon cœur Ce qu'elles voulurent, merveilles !
Des seins sur qui l'on moulerait Une coupe d'amour si belle Que le roi de France y boirait, Des seins sur qui l'on moulerait
Les bronzes divins dont l'attrait Tente le larcin et l'appelle ; Des seins sur qui l'on moulerait Une coupe d'amour si belle !
Des torses jeunes et si beaux, Qu'on referait les Aphrodites, Si toutes étaient en lambeaux ! Des torses jeunes et si beaux,
Qui rallumeraient les flambeaux Des religions et des rites ! Des torses jeunes et si beaux Qu'on referait les Aphrodites !
Des têtes fines de Paris, Qui sont souvent la beauté pure Et qu'on ne saurait mettre à prix. Des têtes fines de Paris,
Où sont résumés et compris, Le maquillage et la nature. Des têtes fines de Paris Qui sont souvent la beauté pure.
Sans diplômes heureusement Et sans certificats d'études : On en fait de leur corps charmant. Sans diplômes heureusement !
Et donnant intelligemment Tout le rythme des attitudes. Sans diplômes heureusement Et sans certificats d'études.
Bonnes filles, bien que Vénus, Psychés délicates, Dianes, Blanche splendeur des marbres nus ! Bonnes filles, bien que Vénus.
Étoiles, astres ingénus, De nos ciels fins et diaphanes. Bonnes filles, bien que Vénus, Psychés délicates, Dianes.
Joli livre que j'ai relu, J'ai célébré votre louange Moins bien que je n'aurais voulu. Joli livre que j'ai relu,
Poème digne d'être élu Par Raphaël et Michel-Ange. Joli livre que j'ai relu J'ai célébré votre louange.
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