Chez les danseuses de Degas
Ne cherchez pas la beauté pure :
Vos yeux ne la trouveraient pas
Chez les danseuses de Degas.
Ces chaussons, ces tutus, ces bas,
C'est l'idéal et la nature.
Chez les danseuses de Degas
Ne cherchez pas la beauté pure.
Un idéal particulier,
Qu'on ne rêve pas aux amantes ;
Tout peintre admire en écolier
Cet idéal particulier.
Seules, en groupe, en espalier,
Elles sont laides, mais charmantes :
Un idéal particulier,
Qu'on ne rêve pas aux amantes.
Elles lèvent parfois des bras
Qui sont des pattes d'araignées :
C'est ainsi dans les opéras.
Elles lèvent parfois des bras.
Danseuses, marcheuses ou rats,
Je n'en vois pas de dédaignées.
Elles lèvent parfois des bras
Qui sont des pattes d'araignées.
Il arrête le mouvement
Dans sa justesse et dans sa grâce ;
Faisant éternelle moment.
Il arrête le mouvement.
Et c'est ainsi, pas autrement,
Qu'est la danseuse maigre ou grasse.
Il arrête le mouvement
Dans sa justesse et dans sa grâce.
Il souligne avec tant d'esprit,
Sans que l'ironie exagère
L'air bête d'une qui sourit !
Il souligne avec tant d'esprit !
Sur l'autre qu'exprès il maigrit
La gaze vole si légère !
Il souligne avec tant d'esprit,
Sans que l'ironie exagère !