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1900

LES DANSEUSES DE DEGAS

Albert MÉRAT

Chez les danseuses de Degas Ne cherchez pas la beauté pure : Vos yeux ne la trouveraient pas Chez les danseuses de Degas.

Ces chaussons, ces tutus, ces bas, C'est l'idéal et la nature. Chez les danseuses de Degas Ne cherchez pas la beauté pure.

Un idéal particulier, Qu'on ne rêve pas aux amantes ; Tout peintre admire en écolier Cet idéal particulier.

Seules, en groupe, en espalier, Elles sont laides, mais charmantes : Un idéal particulier, Qu'on ne rêve pas aux amantes.

Elles lèvent parfois des bras Qui sont des pattes d'araignées : C'est ainsi dans les opéras. Elles lèvent parfois des bras.

Danseuses, marcheuses ou rats, Je n'en vois pas de dédaignées. Elles lèvent parfois des bras Qui sont des pattes d'araignées.

Il arrête le mouvement Dans sa justesse et dans sa grâce ; Faisant éternelle moment. Il arrête le mouvement.

Et c'est ainsi, pas autrement, Qu'est la danseuse maigre ou grasse. Il arrête le mouvement Dans sa justesse et dans sa grâce.

Il souligne avec tant d'esprit, Sans que l'ironie exagère L'air bête d'une qui sourit ! Il souligne avec tant d'esprit !

Sur l'autre qu'exprès il maigrit La gaze vole si légère ! Il souligne avec tant d'esprit, Sans que l'ironie exagère !

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