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1872

LE MENSONGE

Albert MÉRAT

Le bonheur qui me dit des paroles tout bas Prend au son de ta voix ses grâces endormantes ; Afin d’avoir ma part de minutes clémentes le veux la chaîne souple et blanche de tes bras.

Je veux ta chevelure et le bruit de tes pas, Et ton souffle léger comme l’odeur des menthes. J’ai besoin de trouver les étoiles charmantes ; Que me serait leur ciel si je ne t’aimais pas ?

A ton tour aime-moi : rêve aussi ce doux songe ; Ou, si tu ne peux pas, donne-m’en le mensonge : Je sais croire, et je puis être heureux de ma foi ! Demeure haut, ainsi que mon cœur t’a placée,

Et souffre que l’espoir apaise ma pensée Lors même que ton âme émanerait de moi.

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LE MENSONGE · Albert MÉRAT · Poetry Cove