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1872

LE DÉSIR

Albert MÉRAT

La bonté du soleil n’apaise pas nos yeux. Nous avons les prés clairs où l’eau met des buées, Les collines aux plis charmants continuées En des bandes couleur de perle au bord des cieux ;

Nos chênes sont si hauts, si vaillants et si vieux Qu’ils connaissent la foudre et parlent aux nuées. Les forêts de cent ans que l’on n’a pas tuées Sont les chœurs où l’accord des voix chante le mieux.

D’où vient qu’ayant l’odeur vive des matinées, Les pourpres du couchant dans le ciel entraînées, Les molles nuits d’été qui s’allument pour nous, Nous sentions nos désirs s’enfler comme des voiles ?

Pourquoi les horizons sont-ils d’un bleu si doux ? Pourquoi chercher au loin de nouvelles étoiles ?

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