Skip to content
1872

LA NEIGE

Albert MÉRAT

L’air donne le frisson comme un breuvage amer. Le jour est morne, éteint, et prend des tons de cuivre. Les moineaux, pépiant de froid, se laissent suivre, Et, s’envolant, font sur la brume un vague éclair.

La neige, floraison pâle des ciels d’hiver, Fait pleuvoir tristement ses étoiles de givre. Les arbres aux bourgeons captifs qu’Avril délivre Se la mettent au front, ainsi qu’un joyau clair.

Frêle et vain ornement, outrage des ramures A qui va la beauté des larges feuilles mûres, Où circule le sang glorieux des étés ! Ta blanche clarté fait que j’aime mieux les roses,

O neige, dont la grâce est celle des chloroses, Image des froideurs et des virginités.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA NEIGE · Albert MÉRAT · Poetry Cove