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1872

LA LETTRE

Albert MÉRAT

Chère épave d’amour ! Se peut-il qu’on oublie ! Oh ! ne laissez jamais le doux être adoré, Pleurant et souriant, dire : « Je reviendrai. » Ceux-là qui s’étaient joints, l’absence les délie.

Petite lettre écrite avec mélancolie Un jour qu’elle était lasse et qu’elle avait pleuré ! Avril a ces tons frais de matin diapré : Une ombre de tristesse, un rayon de folie.

Petite lettre, frêle et mignonne, qui mens, Merci : tu m’as rendu les caprices charmants Qu’avait sa voix de blonde et de Parisienne. Je ferme le papier que le temps a jauni

Comme on laisse à regret, lorsque l’air est fini, Un feuillet retrouvé de musique ancienne.

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