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1872

LA LAIDE

Albert MÉRAT

Petite, à son école, elle marchait à l’aide D’un bâton, tant étaient débiles ses genoux. Les enfants, qui sont durs et méchants comme nous, Riaient. Pour s’amuser ils l’appelaient : la laide.

Plus tard, le mal faiblit, mais n’eut pas de remède. Elle se résigna sans honte ni courroux. On l’aima ; sa fierté dit non, d’un regard doux. Ce souvenir est tout le bien qu’elle possède.

Mère ni femme ! on n’est pas femme sans beauté ! Pâle de patience et de virginité, Sous la lampe d’hiver qui pétille et charbonne, Dans une effusion discrète de douceur,

La laide rit heureuse à l’enfant d’une sœur, Et personne ne songe à dire qu’elle est bonne.

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