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1872

L’ARCHE

Albert MÉRAT

Le grand cintre de l’arche encadre un clair tableau. En attendant Avril et pour la bienvenue Des fleurs, le ciel sourit et le froid s’atténue. Au premier plan, la rive en pente douce, et l’eau.

Peinte légèrement du bout d’un fin pinceau, Profilant sur l’azur sa silhouette nue, Une île, avec des airs de baigneuse ingénue, Sort du fleuve, et les joncs lui font un frais berceau.

Le froid soleil d’hiver, qui ne fait rien éclore, Glisse sur les coteaux dans sa pourpre incolore, Comme un hôte ennuyé prompt à gagner le seuil. Mais la tonnelle semble attendre sur la berge

Et j’entends clairement pétiller dans l’auberge La friture dorée et le vin d’Argenteuil.

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L’ARCHE · Albert MÉRAT · Poetry Cove