Vos chapeaux sont délicieux :
Ce sont des jardins, des volières,
Des fleurs, des ailes vers les cieux.
Vos chapeaux sont délicieux.
Sous ces ombrages, vos beaux yeux
Jettent des flammes singulières.
Vos chapeaux sont délicieux,
Ce sont des jardins, des volières.
Ils extravaguent, c'est charmant ;
Ils sont des bouquets dans nos rues,
Des arbustes d'appartement.
Ils extravaguent, c'est charmant.
D'un tas de plantes d'agrément
Ces corbeilles se sont accrues.
Ils extravaguent, c'est charmant,
Ils sont des bouquets dans nos rues.
Au théâtre, hélas ! c'est moins gai :
On a dans les yeux des corolles,
Des plumages, des fleurs de mai.
Au théâtre, hélas ! c'est moins gai ;
Un pigeon, une grive, un geai,
En aigrettes, en girandoles.
Au théâtre, hélas ! c'est moins gai,
On a dans les yeux des corolles.
Quand nous avons cet horizon,
Ne conservons pas d'espérance,
Ou faisons-nous une raison,
Quand nous avons cet horizon.
Vous changez le charme en poison
O nuques exquises de France.
Quand nous avons cet horizon,
Ne conservons plus d'espérance.
Votre front serait plus joli
Sans cette vaine garniture
Et votre regard embelli.
Votre front serait plus joli.
Princesse, Madame ou Lili,
Abolissez cette toiture.
Votre front serait plus joli
Sans cette vaine garniture.