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1899

XIV

Jean MORÉAS

Sur la plaine sans fin, dans la brise et le vent, Se dresse l’arbre solitaire, Pensif, et chaque jour son feuillage mouvant Jette son ombre sur la terre.

Les oiseaux dans leur vol viennent poser sur lui : Sont-ils corbeaux, ramiers timides ? L’affreux lichen le ronge ; il est le sûr appui Du faible lierre aux nœuds perfides.

Plus d’une fois la foudre et l’autan furieux Ont fracassé sa haute cime ; Même il reçoit les coups de l’homme industrieux Sans s’étonner, triste et sublime.

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