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1899

VIII

Jean MORÉAS

Tu souffres tous les maux et tu ne fais que rire De ton lâche destin ; Tu ne sais pas pourquoi tu chantes sur ta lyre Du soir jusqu’au matin.

Poète, un grave auteur dira que tu t’amuses Sans trop d’utilité ; Va, ne l’écoute point : Apollon et les Muses Ont bien quelque beauté.

Laisse les uns mourir et vois les autres naître, Les bons ou les méchants, Puisque tout ici-bas ne survient que pour être Un prétexte à tes chants.

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