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1899

VIII

Jean MORÉAS

L’insidieuse nuit m’a grisé trop longtemps ! Pensif à ma fenêtre, Ô suave matin, je veille et je t’attends ; Hâte-toi de paraître.

Viens ! au dedans de moi s’épandra ta clarté En élément tranquille : Ainsi l’eau te reçoit, ainsi l’obscurité Des feuilles te distille.

Ô jour, ô frais rayons, immobilisez-vous, Mirés dans mes yeux sombres, Maintenant que mon cœur à chacun de ses coups Se rapproche des ombres.

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