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1899

VIII

Jean MORÉAS

Belle, vivant tes jours filés par ton destin, Le souci de Cypris, ô rose, et de la lyre, Tu t’épanouiras pour orner le jardin Et saturer d’odeur l’azur qui te respire.

Et puisqu’il faut qu’enfin s’achève le printemps, Quand la rouille viendra sur tes pétales lisses, Abandonnant ton cœur à la pluie, aux autans, Tu goûteras la mort, ô fleur, avec délices.

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VIII · Jean MORÉAS · Poetry Cove