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1891

V

Jean MORÉAS

J'ai tellement soif, ô mon amour, de ta bouche, Que j'y boirais en baisers le cours détourné Du Strymon. l'Araxe et le Tanaïs farouche ; Et les cent méandres qui arrosent Pitané,

Et l'Hermus qui prend sa source où le soleil se couche, Et toutes les claires fontaines dont abonde Gaza, Sans que ma soif s'en apaisât.

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