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1891

UNE JEUNE FILLE PARLE

Jean MORÉAS

Les fenouils m'ont dit : Il t'aime si Follement qu'il est à ta merci ; Pour son revenir va t'apprêter. — Les fenouils ne savent que flatter !

Dieu ait pitié de mon âme. Les pâquerettes m'ont dit : Pourquoi Avoir remis ta foi dans sa foi. Son cœur est tanné comme un soudard.

— Pâquerettes, vous parlez trop tard ! Dieu ait pitié de mon âme. Les sauges m'ont dit : Ne l'attends pas, Il s'est endormi dans d'autres bras.

— O sauges, tristes sauges, je veux Vous tresser toutes dans mes cheveux. Dieu ait pitié de mon âme.

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