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1886

NOCTURNE

Jean MORÉAS

Toc, toc, toc toc, — il cloue à coups pressés ; Toc, toc, — le menuisier des trépassés. " Bon menuisier, bon menuisier, Dans le sapin, dans le noyer,

Taille un cercueil très grand, très lourd, Pour que j'y couche mon amour. " Toc toc, toc toc, — il cloue à coups pressés, Toc toc, — le menuisier des trépassés.

" Qu'il soit tendu de satin blanc Comme ses dents, comme ses dents ; Et mets aussi des rubans bleus Comme ses yeux, comme ses yeux. "

Toc toc, toc toc, — il cloue à coups pressés. Toc toc, — le menuisier des trépassés. " Là-bas, là-bas près du ruisseau, Sous les ormeaux, sous les ormeaux,

À l'heure où chante le coucou, Un autre l'a baisée au cou. " Toc toc, toc toc, — il cloue à coups pressés, Toc, toc, — le menuisier des trépassés.

" Bon menuisier, bon menuisier, Dans le sapin, dans le noyer, Taille un cercueil très grand, très lourd, Pour que j'y couche mon amour. "

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