Skip to content
1884

[no title]

Jean MORÉAS

Les bras qui se nouent en caresses pâmées, Le cordial bu du baiser animal, Les cheveux qu'on tord, les haleines humées, Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ?

Ô nos visions les toujours affamées ! Ô les vœux sonnant ainsi qu'un faux métal ! En nos âmes, inéluctables Némées, Qui viendra terrasser le monstre fatal ?

Et puisqu'il faut que toutes coupes soient brèves, Puisqu'il faut en vain sur d'impossibles grèves Chercher le népenthès et le lotus d'or ; Ne vaudrait-il mieux le désir qu'on triture :

Ne vaudrait-il mieux te voler ta pâture, Dégoût carnassier, ô funèbre condor !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Jean MORÉAS · Poetry Cove