Skip to content
1886

[no title]

Jean MORÉAS

Par la douce pitié qui s'attendrit au pli, Pourtant dur, de ta lèvre, inaccessible amante, Saurais-tu donc effacer la marque infamante Que la vie imprima sur mon front assoupli !

Sois, au moins, la main qui berce, et lorsque a faibli Mon orgueil, et ce pendant que geint la tourmente, Abrite-moi comme d'une magique mante, Des ténèbres de ta chevelure d'oubli ;

Et que de tes yeux la translucide prunelle Me verse la fraîcheur et la paix solennelle De la mare endormie en un lit de roseaux. Mais surtout garde-toi bien close, et taciturne,

Tel que sous le soleil un augural oiseau. — Car mon âme frémit de regarder dans l'urne.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Jean MORÉAS · Poetry Cove