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1884

LES ROSES JAUNES

Jean MORÉAS

Les roses jaunes ceignent les troncs Des grands platanes, dans le jardin Où c'est comme un tintement soudain D'eau qui s'égoutte en les bassins ronds.

Nul battement d'ailes, au matin ; Au soir, nul souffle couchant les fronts Des lis pâlis, et des liserons Pâlis au clair de lune incertain.

Et dans ce calme où la fraîcheur tombe, C'est comme un apaisement de tombe, Comme une mort qui lente viendrait Sceller nos yeux de sa main clémente,

Dans ce calme où rien ne se lamente Ou par l'espace, ou par la forêt.

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