À la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, À la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
Son noir cheval est blanc D'écume et de poussière, Il est blanc de la queue Jusques à la crinière.
À la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, À la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
— " La belle qui puisez Dans le seau d'or cerclé, Versez au cavalier Et versez à la bête. "
Elle verse de l'eau Sans relever la tête, Elle verse de l'eau Avec un long sanglot.
— " Qu'avez-vous donc, la belle, À sangloter ainsi ? Avez-vous du chagrin, Avez-vous du souci ?
— Mon mari fait la guerre. Voilà sept ans à pâques. J'attends encore un an Et puis j'entre au couvent.
— Votre mari, la belle, Est mort l'hiver dernier, Et j'ai payé les chantres, Les chantres et le prêtre.
— Si vous avez payé Les chantres et le prêtre, Je vous rendrai l'argent, L'argent et l'intérêt.
— Rendez-moi donc, la belle, Rendez-moi le baiser Que j'ai mis sur ses lèvres Avant de l'enterrer !
— Comme des fleurs au vent Mes baisers sont allés ! Je vous rendrai l'argent, L'argent et l'intérêt.
— Réjouis-toi, la belle, Car je suis ton mari. J'ai dans mon escarcelle Cent bagues de rubis.
— Pour les doigts de ma main Vos bagues sont trop grandes ; Passez votre chemin, Seigneur, et Dieu vous garde.
— Dans ton jardin le myrte Fleurit même en octobre, Une lampe d'ivoire Brûle dans ton alcôve.
— Avec notre voisine Vous avez bavardé. Des signes de mon corps Dites, et je croirai.
— Un joli signe blond Frise à ton cou de lait, Un autre orne ton ventre Et seul, je l'ai touché.
— Nourrice, ma nourrice. Va dresser notre lit, Car c'est lui mon mari, C'est lui mon bien-aimé ! "
À la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, À la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
Son noir cheval est blanc D'écume et de poussière, Il est blanc de la queue Jusques à la crinière.
À la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, À la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
— " La belle qui puisez Dans le seau d'or cerclé, Versez au cavalier Et versez à la bête. "
Elle verse de l'eau Sans relever la tête, Elle verse de l'eau Avec un long sanglot.
— " Qu'avez-vous donc, la belle, À sangloter ainsi ? Avez-vous du chagrin, Avez-vous du souci ?
— Mon mari fait la guerre. Voilà sept ans à pâques. J'attends encore un an Et puis j'entre au couvent.
— Votre mari, la belle, Est mort l'hiver dernier, Et j'ai payé les chantres, Les chantres et le prêtre.
— Si vous avez payé Les chantres et le prêtre, Je vous rendrai l'argent, L'argent et l'intérêt.
— Rendez-moi donc, la belle, Rendez-moi le baiser Que j'ai mis sur ses lèvres Avant de l'enterrer !
— Comme des fleurs au vent Mes baisers sont allés ! Je vous rendrai l'argent, L'argent et l'intérêt.
— Réjouis-toi, la belle, Car je suis ton mari. J'ai dans mon escarcelle Cent bagues de rubis.
— Pour les doigts de ma main Vos bagues sont trop grandes ; Passez votre chemin, Seigneur, et Dieu vous garde.
— Dans ton jardin le myrte Fleurit même en octobre, Une lampe d'ivoire Brûle dans ton alcôve.
— Avec notre voisine Vous avez bavardé. Des signes de mon corps Dites, et je croirai.
— Un joli signe blond Frise à ton cou de lait, Un autre orne ton ventre Et seul, je l'ai touché.
— Nourrice, ma nourrice. Va dresser notre lit, Car c'est lui mon mari, C'est lui mon bien-aimé ! "
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