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1891

II

Jean MORÉAS

Je suis le guerrier qui taille A grands coups d'épée dans la bataille : Son œil est clair et son bras prompt à férir. Hélas, il va mourir :

Car sous la dure maille Par un trou hideux goutte à goutte Fuit tout son sang et sa vie toute. Je suis le pauvre chevalier qui vendit son âme

Au diable — honte et diffame — Pour de l'or pipé sitôt. Vous qui semblable à la Vierge Marie M'êtes apparue, ô Dame au cœur haut,

Dame à l'âme fleurie, Du toucher de votre main pure Guérissez ma blessure, Et que vos doux yeux

Me rachètent les cieux.

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