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1899

II

Jean MORÉAS

Solitaire et pensif j’irai sur les chemins, Sous le ciel sans chaleur que la joie abandonne, Et, le cœur plein d’amour, je prendrai dans mes mains Au pied des peupliers les feuilles de l’automne.

J’écouterai la brise et le cri des oiseaux Qui volent par les champs où déjà la nuit tombe. Dans la morne prairie, au bord des tristes eaux, Longtemps je veux songer à la vie, à la tombe.

L’air glacé fixera les nuages transis, Et le couchant mourra doucement dans la brume. Alors, las de marcher, sur quelque borne assis, Tranquille, je romprai le pain de l’amertume.

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