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1899

I

Jean MORÉAS

Été, tous les plaisirs que ta saison m’apporte Comme ceux du printemps ont perdu leur attrait. Adieu, le tendre automne ! À présent, qu’à ma porte Vienne heurter l’hiver, j’ouvrirai sans regret.

Dans l’antique forêt, le vent et la cognée Sèment de l’arbre fort les rameaux à ses pieds, Et parmi les humains la juste destinée Abat à chaque coup gloire, amour, amitiés.

Moins doucement la feuille à la brise soupire, Que la branche frappée en tombant ne se plaint, Et lorsque le malheur s’exhale de la lyre, Tout autre chant n’est plus qu’un écho qui s’éteint.

Vie exécrable, ô jours que corrompt l’amertume, Je vous surmonte encor, mais mon cœur est brisé ; Et s’il a plus d’éclat, peut-être, il se consume Ce feu sombre et divin qui m’avait embrasé.

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