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1891

ÉGLOGUE A ÆMILIUS

Jean MORÉAS

Alors que j'étais, ô Æmilius, le nouveau Temps, alors que, la feuille de primerole ; Que mon âge allait plus éclairci que l'eau De la source matutinale en sa rigole

De gravier : devis ni son, Fredons comme de tourtres et passes, N'envolaient de ma bouche aimée des Grâces, Mais, soupirer et complainte et tenson.

O Æmilius, pourquoi, sur l'agreste flûte, ai-je Dit l'automne maligne et le cortège Des pluies, alors que Flora versait Beau-riante l'étrenne de sa corbeille,

Et ; d'un tortis, Cyprine mes boucles pressait. O Æmilius ; et la barbe, à peine, entour l'oreille Me naissait ? L'été, maintenant, grandit l'ombre de mes pas ;

La mi-été, maintenant, boit la rosée. Ah, n'est-il pas Levé, l'astre qui fait s'ouvrir la fleur tardive Du safran ! Æmilius. Æmilius, voici bruire L'heure au roseau que mon souffle avive,

L'heure de lamenter. Ore je vous vais dire : La folâtre Amarylle, et le joyeux Tityre.

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