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1891

CHANSON

Jean MORÉAS

Vous, avec vos yeux, avec tes yeux, Dans la bastille que tu hantes ! Celui qui dormait s'est éveillé Au tocsin des heures beuglantes,

Il prendra sans doute, Son bâton de route Dans ses mains aux paumes sanglantes. Il ira, du tournoi au combat,

A la défaite réciproque ; Qu'il fende heaumes beaux et si clairs, Son pennon, qu'il ventèle, est loque ! Le haubert qui lace

Sa poitrine lasse, Si léger ! il fait qu'il suffoque. Ah. que de tes jeux, que de tes pleurs Aux rémissions tu l'exhortes.

Ah laisse ! tout l'orage a passé Sur les lys, sur les roses fortes. Comme un feu de flamme Ton âme et son âme.

Toutes deux vos âmes sont mortes.

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CHANSON · Jean MORÉAS · Poetry Cove