L'enfant dont la tristesse habite les châteaux
Où la grande Pallas revécut dans l'ivoire,
Dans les gemmes, dans les marbres, dans les métaux,
Semble porter en elle une longue mémoire.
On dirait que l'idole exsangue dont les yeux
Sont faits de deux saphirs, sur cette petite âme,
En laquelle l'espoir se dérobe et s'entame,
Verse de la froideur et du mystérieux.
Mais l'âme n'est pas seule à subir cet échange,
Car la fillette pâle et rebelle aux plaisirs,
Voit, chaque jour, s'accroître en son visage étrange
Une blancheur d'ivoire et des yeux de saphirs.