Vous nous avez fait voir les miracles du tir,
Le prestige des bois, l'ardeur de la battue ;
L'air obscurci d'oiseaux qu'avec grâce l'on tue,
Et qui mettent en croix leurs ailes pour partir.
J'ai vu le faisan roux, admirable martyr
Qui, si docilement, à mourir s'habitue ;
Et tout ce dont la chasse experte s'évertue
Pour varier, charmer, enseigner, divertir.
Un feuillage à la main, bruns sous leurs blanches blouses,
J'ai vu cent rabatteurs, dont tremblent les épouses ;
La forêt de Birnam en eux marchait encor.
Et, moi qui n'ai jamais rien chassé que les rimes,
Je me suis réjoui de ces merveilleux crimes
Qui font saigner l'azur, avec des plumes d'or !