Apprenez à l'enfant à prier le printemps,
Les bois et les oiseaux, les fleurs et le parterre ;
Peut-être ils lui diront l'énigme de la terre
Qui balbutie en eux ses verbes chuchotants.
Apprenez à l'enfant à prier les flots bleus,
Car c'est le ciel d'en bas dont la nue est l'écume ;
Le reflet du soleil qui sur la mer s'allume
Est plus doux à fixer pour nos yeux nébuleux.
Apprenez à l'enfant à prier le ciel pur ;
C'est l'océan d'en haut dont la vague est nuage ;
L'ombre d'une tempête, abondante en naufrage,
Pour nos cœurs est moins triste à suivre dans l'azur.
Apprenez à l'enfant à prier toutes choses ;
L'abeille de l'esprit compose un miel de jour
Sur les vivants ave du rosaire des roses,
Chapelet de parfums aux dizaines d'amour.
Faites ainsi de l'âme, en sa ferveur première,
La ruche de beauté, de vertu, de vigueur,
Dont les rayons seront des rayons de lumière,
Emplissant de clarté l'alvéole du cœur !