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1896

SATIS

Robert MONTESQUIOU

J'ai senti, sur mes doigts, rouler l'ardeur des gemmes ; Et, crouler, sur mon corps, la splendeur des orfrois ; J'ai, sur mon front, l'orgueil de vaincre les dilemnes ; J'ai les encens des dieux, et les pouvoirs des rois.

J'ai connu la douceur du placet qu'on accorde ; L'accent qui remercie, et l'accent qui fait don ; Et cet enchantement : faire miséricorde ; Et cette volupté d'accorder un pardon.

J'ai goûté le bonheur d'adorer et d'étreindre ; Ou la fierté qu'on m'aime, et de tenir rigueur ; Aussi, rien ne peut plus me charmer, ni m'atteindre, Rien… qu'un tout petit mot, venu tout droit d'un cœur !

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