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1896

PRIMEVÈRE

Robert MONTESQUIOU

Voici venir le temps des fenêtres ouvertes ; Les chênes, ces Samsons, de par ces Dalilas, Les froidures, tondus, sous leurs perruques vertes, Sentent monter la rose écume des lilas.

Voici venir cette saison que vous aimâtes ; Quand vous n'y songiez plus (les absents ont des torts), Elle force la porte aux chaudes casemates Il fait enfin un temps à mettre Avril dehors.

La brise aux amoureux prépare ses embûches ; Gomme un baiser parcourt tout le clavier de l'air, Roucoulement de fuie et murmure de ruches, C'est le Printemps, coureur de prétentaines, Ver !

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